La notion de niveau dans l’outdoor est-elle devenue ringarde ?

Depuis le boom des pratiques outdoor post-Covid, la nature est devenue le nouveau terrain de jeu des Français. Super nouvelle, mais y a-t-il anguille sous chrono ? Et si on arrêtait enfin de mesurer pour recommencer à respirer ?

C’est la grande ruée vers l’or vert. En moins de 10 ans, l’outdoor est passé d’une activité de niche à un véritable phénomène de société. Les chiffres sont clairs : selon l’Union Sport & Cycle, plus de 27 millions de Français pratiquent désormais une activité de plein air. La randonnée semble plus enviable que le football dans le cœur des Français, le trail remplace le footing du dimanche et le bivouac est devenu le nouvel apex d’un week-end réussi.

On voit fleurir des disciplines aux noms de plus en plus pointus : le gravel pour les cyclistes qui aiment papillonner, le packraft pour les aventuriers amphibies ou le fast hiking pour ceux qui trouvent que marcher, ça traîne un peu. Sur le papier, tout est parfait : on sort, on bouge, on redécouvre collectivement nos massifs et nos forêts. On pourrait se dire que nous avons enfin trouvé notre équilibre, les deux pieds dans l’herbe et la tête dans les nuages. High five.

Pourtant, si l’on regarde de plus près, la fête a parfois des allures de show. On ne regarde plus le paysage, on scrute sa montre connectée pour vérifier si notre FC Max (fréquence cardiaque maximale) est cohérente avec notre segment Strava. Cette obsession de la donnée, de la comparaison et de la progression constante, directement issue de nos environnements saturés de KPIs et de notifications LinkedIn, vient forcément perturber nos usages, y compris au sein de nos espaces de décompression. La nature n’est-elle qu’un terrain performatif comme les autres ? Au vu de la sociologie des personnes qui correspondent à “l’élite” de l’outdoor, ça semble logique de penser qu’il y a quelques personnes qui n’ont pas reçu le carton d’invitation, ou qui ne viennent pas participer par peur de ne pas être à leur place.

Que faire ? S’indigner, baisser les bras, embrasser la tendance ? On pense tout le contraire.

Une famille qui se dépense en nature sans notion de performance

Photo ⓒ Fanny Retailleau

Le Friluftsliv ou l’art de l’essentiel dans l’outdoor

Reprenons les bases : l’outdoor n’est pas né dans les laboratoires de R&D des équipementiers. À l’origine, entre autres, il y a le concept norvégien de Friluftsliv (littéralement « la vie au grand air »). Davantage une philosophie qu’un sport, donc : c’est l’idée que l’humain fait partie d’un tout et qu’il retrouve son équilibre (et sa santé mentale) au contact des éléments – on est très proche de l’esprit du nature writing et de l’écrivain Henry David Thoreau (on conseille).

Historiquement, les premiers randonneurs du XIXe siècle, comme les romantiques ou les membres des premiers clubs alpins, cherchaient la contemplation, le silence et, parfois, une forme de spiritualité : les pratiques de pleine nature ont avant tout servi à élever la condition humaine. Si notre époque a su désamorcer le côté “aristo” propre à la création de ces pratiques, c’est important de se rappeler d’une chose : l’outdoor, c’est d’abord le luxe de la lenteur. C’est le plaisir de sentir l’herbe entre ses orteils, d’écouter sa propre respiration et de s’émerveiller devant la complexité d’un écosystème forestier (vous ne faites pas ça, vous ?).

Point tout aussi important : l’aventure n’est absolument pas corrélée à la difficulté technique. On peut vivre une expérience de dingue à deux kilomètres de chez soi, simplement en changeant de regard sur ce qui nous entoure. Penser la nature comme une arène, c’est se priver d’un espace de liberté où la seule règle devrait être le respect de l’environnement.

Le friluftsliv nécessite très peu de matériel : vous, une gourde, la Nature

Photo : Unsplash

Pourquoi la peur du « niveau » paralyse l’accès à la nature

Combien de fois a-t-on entendu : « Je ne peux pas venir avec vous, je n’ai pas le niveau » ? Ici, à Bon Air Club, notre équipe a navigué entre les deux situations : se sentir largué à l’approche d’une sortie avec des “machines”, ou perdre nos proches en chemin parce que bivouaquer à la belle étoile, ce n’est pas forcément pour tout le monde. Une partie de notre ADN vient de cette compréhention du problème : la notion de « niveau » crée une hiérarchie, là où il devrait y avoir de l’inclusion sociale.

Cette peur de ne pas être à la hauteur — physiquement ou techniquement — agit comme un puissant frein à l’accès à la nature. Résultat : c’est l’auto-censure. On craint le jugement des « vrais », de ceux qui connaissent les noms de tous les sommets du massif et le tableau UTMB sur les 10 dernières années. Le « niveau » devient une source d’anxiété, alors que la nature est censée être le lieu de la décompression. Évidemment, les profils les plus médiatisés de l’outdoor, cyclistes, alpinistes, parapentistes de l’extrême, sont des figures héroïques totalement hors de portée. Comment ne pas se sentir un peu nul devant les exploits de Benjamin Védrines, Elisabeth Revol ou Killian Jornet ?

De plus, ce focus sur le niveau physique et technique masque d’autres compétences bien plus essentielles : la capacité à observer, à s’adapter à la météo, à partager un moment de convivialité ou à savoir ne rien faire. En mettant l’effort physique sur un piédestal, on oublie que l’outdoor est aussi – surtout ? – une école de l’humilité et de la patience.

Un homme qui court dans la forêt sans se soucier de son chrono

Photo : Unsplash

Les solutions de Bon Air Club pour une nature accessible à tous

Il est temps de décomplexer votre rapport à la nature. La solution ? Elle tient en un mot : la simplicité.

Il s’agit d’abord de décorréler la sécurité de la performance. Oui, il faut un certain « niveau » de connaissances pour ne pas se mettre en danger (savoir lire une carte, prévoir de l’eau, connaître ses limites), mais ce savoir doit être partagé et non utilisé comme un outil d’exclusion. Chez nous, on appelle ça l’accessibilité légitime !

À Bon Air Club, nous avons pris le parti de renverser la table. Nos lieux et nos expériences ne sont pas conçus pour les experts, mais pour tout le monde. Sans exception.

  • Un autre regard : On parle de « temps dehors » plutôt que de « kilomètres parcourus ». Vous allez voir, ça change tout.
  • L’hospitalité comme moteur : On mise sur le collectif. Dans nos sorties, celui qui va le moins vite n’est pas un boulet, c’est celui qui définit le rythme de la discussion !
  • Le droit à l’erreur : On encourage l’expérimentation (en toute sécurité). On a le droit de ne pas savoir monter une tente du premier coup ou d’avoir mal aux mollets après trois côtes – c’est déjà arrivé à 100% de l’équipe !
  • La micro-aventure accessible : Pas besoin de partir à l’autre bout du monde. L’aventure, c’est l’imprévu, et l’imprévu se trouve souvent au détour d’un chemin qu’on pense connaître par cœur ou d’une région qu’on sous-estime !

L’accès à la nature est un enjeu de santé publique et de bien-être trop important pour être réservé à une élite sportive. En finir avec la dictature du niveau, c’est permettre à chacun de retrouver son tempo. Allez courir 3 kilomètres à votre rythme, prévoyez-vous un semi-marathon dans les chemins creux, allez observer les oiseaux sur cette butte à deux minutes de marche. L’important reste le même : vous êtes dehors. Et c’est déjà une victoire !

Prêt à relever votre premier challenge ? Découvrez nos cabanes et réservez votre prochain weekend au grand air.

6 mars 2026

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